dimanche, octobre 02, 2005

Phantomime

Ce soir là tout allait bien. Pour une fois la sérénité régnaît en chef sur mon horloge biologique. Je me sentait bien, vraiment bien, un peu trop ! Qu'était-il advenu de tous ces démons venus chercher refuge dans ce coeur si lourd ? Qu'était-il advenu du manque de confiance en moi ? Le ton emporté par l'allégresse je me laissais à croire et à rêver d'un temps futur ou j'exercerai mon métier. Le temps d'un silence je nous voyais dans cette charmante église, nos mains tendues, tremblantes, fébriles, se promettant par inertie à jamais, à la folie. Je pensais maintenant que le monde, que ce monde n'était pas si pourri. Qu'il y avait encore un peu d'espoir sur cette terre ou la richesse n'a plus aucune gloire. Ou l'amour n'a plus sa place et ou seul règne le chaos, la vengence et l'infortune. Un peu démagogique n'est ce pas ? Et bien c'est de là que naissent mes traumatimes. Ecorché vif d'un sang nouveau tu te lèves en souvenir des révolutions manqués. Ecorché vif, rage de croire en l'utopie. Et la musique m'emporte, souvenir aigre des années de mon adolescence, ma vie défile à l'envers, prostré, les poings de plus en plus crispé. Je m'écroule, je pleure, je reviens .... Voilà encore un moment trop vite effacé, bercé par le silence dans l'agitation quotidienne de nos vies inutiles. Comme un phantôme j'irai travailler. Présent mais sans l'être, le regard toujours fuyant, je n'existe pas, je ne me fais pas remarquer. Traversant chaque jour des milliers de regards incipides j'essai de passer inapercu. Comme un mime je déploie des quantités d'expression qui sont censées vous faire croire que je suis encore une personne vivante de notre société. En phantomime je m'exprime par peur peut-être de mourir définitivement.

Archives ( Texte écrit le 5 mai 2004 )

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