lundi, novembre 01, 2004

Dans les tombeaux naissent les comêtes

On les a figés dans la pierre. Laissé là pour la postérité. Idiome populaire, la sacralisation de l'artiste préconisant le futur par la souffrance qui l'a mené au tombeau. De débris en tessons il fallait bien que cela finisse un jour. La mort comme ironie à une vie consumé, vite brûlée. On laisse nos misérables vies se dessiner quand au regard de celles-ci, tragiques, on croît que c'était la destiné. On en oublie de vivre, on en oublie de briller. Après tout mieux vaut pouvoir les idolatrés. Mais on tient à quoi ? Pas à eux en tout cas. Ils sont là pour vivre nos fantasmes, assumer nos actes, nos peurs, nos tracs. Dans ce jeux d'ombres et de lumières les rôles s'inversent tristement, lourdement. Lorsque le corps se meurt, symbole suprême de la décadence du vivant, les ombres mortes se scarifient en criant aux génies. Ils rentrent alors dans la lumière, sacralisés, déifiés. Elevés aux rangs de Dieu, attestant de la création divine. Ils se meuvent tels des étoiles filantes, des comètes au milieu de ces pauvres astres morts que nous sommes.
Dans les tombeaux naissent les comêtes de ceux qui filant ont laissés un cratère, amas d'amour de génie et de paix.

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