lundi, octobre 11, 2004

Wagon vide

Les terminus ont une odeur particulière. Goût apatride ou au contraire familié des épices, des marchandises que le badot en devenir transporte dans ses valises.
En effet, arriver quelque part c'est non seulement finir quelque chose mais aussi en commencer une autre.
Sorte de conquête éphémère du lendemain, regardant vers l'ailleurs, le futur, l'indicible.
Soumis à la volonté de ce monstre de fer, je me laisse bercer par le souvenir des voyages passés. Hûmant avec difficulté les sandwichs que ma mère me préparait. Je m'abandonne et me laisse engloutir par une succession de tunnel. Bouchée après bouchée, ablution après ablution, vomi par le lombric metallique je me couche sur cette bulle d'instant. Paradis subjectif, je suis bloqué entre deux portes d'un monde qui en définitive, se meut dans les deux sens.

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