mercredi, octobre 06, 2004

Normal, Paranormal.

L'ambiance devenait de plus en plus lourde. Les bruits de pas résonnaient sur le plancher usé par les âges.
Les bougies disposées en cercle au centre de la table éclairaient tant bien que mal la salle dans laquelle nous nous trouvions. La pièce et ses grands plafonds légiférait ce pourquoi nous étions venu. Aux abords du chambranle de la porte un frisson me parcouru de haut en bas en aperçevant, malgré la faible lumière, les tableaux accrochés aux murs représentant différentes scènes de résurrection, de transfert de l'âme vers l'eden ou l'enfer, de culte divers de sorcellerie. Mes jambes tremblaient à mesure que j' approchai de la table. Nous prîmes place autour d' un grand gueridon. La médium commença par nous faire joindre les mains puis elle récita toute une série d' incantation dans une langue dont les sonorités bien que familière ne me rappelait en rien nos stuctures linguistiques comtemporaines. Ce n'est que bien plus tard qu'il m'apparut au cours d'une conversation avec un linguiste et un archéologue que le dialecte utilisé provenait de l'époque Mésopotamienne. Le principal dialecte sumérien était probablement connu sous le nom d'émegir, ou langue princière utilisé par les mages. Un énorme tintement résonna dans la pièce. Une voix sombre et grave gronda dans l'instant. Le sol se mit à se dérober sous nos pieds. C'est à ce moment là que je ressentis pour la première fois une sorte de sensation d'abandon, de perte d'équilibre, murît par ce qui me rattachait à la réalité d'un ultime rempart vers le néant. Le froid nous plongea dans une espèce de tétanie. Puis nous commençâmes à sentir le feu des enfers léché lubriquement flamme après flamme chaque molécule intrinsèque de nos corps.
Arborant un sourire forcé, la médium s'efforça de contenir le flux plasmatique émanant de l'envelloppe résiduel de l'entité matérialisé devant nous. La table se souleva légèrement, et soudainement dans une envolée lyrique se scinda en deux parties distinctes. L'un des quatres pieds transperça l'abdomen de la voyante. Projetée par la force du projectile, elle se retrouva empalée contre le mur lézardé de la salle. J'esquivais dans le même temps un chandelier dont la forme et la vitesse n'était pas sans me rappeler le trident utilisé lors de mes pêches sous-marines. Les deux autres personnes se retrouvèrent crucifiés à même le sol au moyen du manche de petite cuillière. J'étudiais plus tard la vitesse nécessaire pour transpercer la paume d'une main à l'aide d'un manche rond et fût terrorisé par le résultat. Le sang coulait le long de ruisseau de fortune trouvant leur lit en de multiple jointure sur le sol en parquet. Je fus rapidement assomé par je ne sais quel objet. Ce n'est que le lendemain matin que je me réveilla au beau milieu de ce carnage. J'ai par la suite consacré toute ma vie à l'étude de ces phénomènes. Au seuil de la mort je me pose désormais la seule question que je n'ai pu résoudre depuis tout ce temps. Pourquoi cette chose avait-elle si peur ?

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