jeudi, septembre 02, 2004

Correspondance

Le temps passe. Je m’esquive. Tête baissée. Ventre flasque. Trente ans déjà et elle s’en va. Ou plutôt je m’en vais car elle ne veut plus me voir, ne veut plus me sentir, me toucher, m’ imaginer. Je ne suis plus rien, je n’ai plus d’identité alors je m’efface. Gomme rose et bleu. Côté bleu parce que ça part mieux. Indélébiles, nos coeurs lourds de ce passé chargé et emprunt de nos reflets qui s’eloignent comme le métro que je viens de laisser filer. Je rentre dans une rage folle. Saccageant la moindre étincelle de vie. J’explose, je détruit, je casse, je fracasse. Et dans un dernier acte de bravoure, dans un dernier acte de folie, je m’écroule du poids de mon coeur en écoutant le bruit de cette litanie : Rien ne s’efface.

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